La préservation de la fertilité avant un cancer est l'ensemble des moyens qui permettent de garder la possibilité d'avoir un enfant après un traitement qui peut abîmer les ovaires ou les testicules. Elle se discute avant la première séance, avec l'oncologue. Elle comprend la conservation du sperme, la congélation d'ovocytes ou d'embryons et celle de tissu ovarien.
Points clés
- Selon l'ASCO (2025), le risque pour la fertilité se discute dès le diagnostic et avant tout traitement ; la conservation du sperme doit être proposée à tous les hommes concernés.
- Après un cancer, la méta-analyse de 2023 (34 études) rapporte des naissances vivantes de 41 % après embryons congelés, 32 % après ovocytes vitrifiés et 21 % après greffe de tissu ovarien suivie de FIV.
- L'ESHRE (2020) conseille d'attendre au moins 1 an après la fin de la chimiothérapie avant de chercher une grossesse.
- Dans l'essai POSITIVE (518 femmes), l'arrêt temporaire d'un traitement hormonal pour une grossesse n'a pas augmenté les rechutes : 12,3 % contre 13,2 % à 5 ans.
- En Turquie, la conservation avant chimiothérapie est prévue par l'article 20 du règlement de 2014, pour 5 ans au plus sans autorisation spéciale ; le don de gamètes est interdit.
Qu'est-ce que la préservation de la fertilité avant un cancer ?
Un diagnostic de cancer bouleverse tout. La peur de la maladie passe en premier, et c'est normal. Pourtant, beaucoup de personnes s'inquiètent aussi de leur avenir : pourrai-je avoir un enfant après ? Cette question n'est ni égoïste ni prématurée. Elle mérite une réponse claire, au bon moment.
La préservation de la fertilité désigne les techniques qui gardent des cellules ou des tissus reproducteurs avant un traitement risqué pour les ovaires ou les testicules. On les congèle pour les utiliser plus tard. On parle aussi d'oncofertilité. Aucune technique ne garantit une naissance. Mais elle peut garder une porte ouverte.
Pourquoi cette question se pose-t-elle de plus en plus ?
Les traitements du cancer progressent. La méta-analyse publiée en 2023 dans la revue Human Reproduction rappelle que la survie atteint 80 % chez les enfants, les adolescents et les jeunes adultes atteints de cancer. Après la guérison, la question de la famille devient concrète. Elle doit être posée avant que les traitements n'abîment les cellules.
Ce que cette page peut et ne peut pas faire
Cette page explique les options, les règles et les limites. Elle ne remplace pas l'avis de votre équipe de cancérologie. Le médecin qui vous suit décide après avoir étudié votre dossier. Elle ne vous demande jamais de retarder ou de modifier un traitement. Si vous devez commencer une chimiothérapie dans les jours qui viennent, discutez d'abord de la conservation avec l'oncologue et avec un centre de fertilité près de vous.
Qui est concerné ?
Toute personne qui va recevoir un traitement pouvant réduire la fertilité peut être concernée : femmes, hommes, adolescents et enfants. L'ASCO (société américaine d'oncologie clinique, mise à jour 2025) demande que le risque pour la fertilité soit évalué et expliqué au diagnostic et pendant le suivi. Elle recommande d'adresser à un spécialiste de la reproduction toute personne intéressée ou hésitante.
Quels traitements du cancer menacent la fertilité ?
Tous les traitements n'ont pas le même effet. Le risque dépend du produit, de la dose, de l'âge, du sexe et de la zone traitée. Selon l'Institut national du cancer des États-Unis (NCI), les principaux traitements en cause sont les suivants.
Traitement | Effet possible chez la femme | Effet possible chez l'homme |
|---|---|---|
--- | --- | --- |
Chimiothérapie par agents alkylants | Risque élevé, surtout à forte dose ou en association | Baisse de la production de spermatozoïdes, parfois durable |
Radiothérapie du bassin ou du cerveau | Lésion des ovaires ou de la commande hormonale ; l'utérus peut aussi être touché | Atteinte des testicules ou de la commande hormonale |
Greffe de cellules souches (conditionnement) | Forte dose de chimiothérapie ou de radiothérapie : lésion des ovaires | Même risque pour les testicules |
Chirurgie | Ablation de l'utérus ou des deux ovaires ; certaines chirurgies du bassin | Ablation des testicules, prostatectomie radicale, cystectomie |
Traitement hormonal | Peut provoquer une insuffisance ovarienne | Peut baisser le nombre de spermatozoïdes |
Thérapies ciblées (certains inhibiteurs de tyrosine kinase) | Effets possibles | Effets possibles |
Les effets des immunothérapies sur la fertilité sont encore à l'étude, d'après le NCI. Un risque ne signifie pas une certitude. Certaines personnes retrouvent une fertilité normale. D'autres non, et il est difficile de le prévoir à l'avance.
La radiothérapie et l'utérus
La directive européenne ESHRE (2020) souligne un point important pour les femmes. Une radiothérapie dont le champ inclut l'utérus augmente le risque de complications de la grossesse. Ce risque est plus élevé chez les plus jeunes et avec les fortes doses. Il peut donc exister un problème de grossesse même si les ovules sont conservés. Cette question se discute avec l'équipe d'oncologie et d'obstétrique.
L'AMH avant le traitement ne prédit pas la fertilité après
Chez les femmes, un dosage d'AMH avant le traitement peut aider à estimer la récupération de la fonction ovarienne. Mais l'ESHRE précise qu'il ne faut pas s'en servir comme indicateur de la fertilité après le traitement. Un chiffre rassurant ne dispense pas de discuter de conservation.
Quand faut-il en parler, et jusqu'à quand peut-on agir ?
Le bon moment est le diagnostic. Plus la discussion est précoce, plus il y a d'options. L'ASCO demande que les méthodes de préservation soient discutées avant le traitement. Les équipes de cancérologie doivent assurer un accès rapide à une équipe pluridisciplinaire de préservation de la fertilité.
Le cancer passe avant tout
Le traitement du cancer ne doit pas être retardé de manière dangereuse. Le NCI indique que l'équipe de soins conseille sur le calendrier et sur la possibilité d'un court retard. C'est l'oncologue qui juge si un délai est acceptable. Dans certains cas, aucun délai n'est possible. Il faut alors choisir une méthode rapide, ou accepter de renoncer à la conservation avant de commencer.
Les urgences oncologiques
Quand un traitement urgent est indispensable, l'ASCO précise que l'on peut proposer un analogue de la GnRH pour suspendre les règles. Cette solution n'est pas une vraie conservation. Elle ne remplace pas la congélation. Une conservation après le traitement peut aussi se discuter chez les personnes qui n'ont rien conservé : l'ASCO indique qu'elle peut être proposée, mais avec des chances variables.
Si vous êtes dans un état instable ou si votre cancer progresse vite, la priorité est le traitement tout de suite, près de chez vous. Ne voyagez pas avant d'avoir l'accord de votre oncologue.
Comment l'équipe évalue-t-elle votre situation ?
Avant de proposer une technique, l'équipe regarde plusieurs éléments :
Le type de cancer, son stade et l'urgence du traitement.
Le traitement prévu : produits, doses, radiothérapie, chirurgie.
Votre âge, le stade de la puberté pour les jeunes, et votre état général.
Votre projet de famille et votre situation personnelle.
Pour une femme : l'âge, le cycle, les réserves en ovules (AMH, comptage des follicules).
Pour un homme : un spermogramme et la capacité de donner un échantillon.
Les traitements hormonaux interdits ou à éviter selon le cancer.
L'ESHRE recommande de fournir des aides à la décision et un soutien psychologique. Parlez de vos valeurs, de vos peurs et de vos limites. Vous avez le droit de dire non à une technique, ou de demander plus de temps quand le calendrier le permet.
Que transmettre pour un avis à distance ?
Pour étudier une demande venant de l'étranger, une équipe a besoin d'un dossier précis :
Le compte rendu de l'oncologue : diagnostic, stade, protocole prévu et date de début.
La lettre de l'oncologue disant si un délai est possible et si le voyage est autorisé.
Les résultats d'AMH, d'échographie ou de spermogramme, s'ils existent.
La liste des traitements en cours et des allergies.
Les comptes rendus d'opérations et de radiothérapies passées.
Le consentement et les documents d'état civil demandés par le centre.
Quelles sont les options pour les femmes ?
Chez la femme, plusieurs techniques existent. Le choix dépend du temps disponible, de l'âge, du cancer et d'un éventuel partenaire.
Option | Principe | Délai | Points d'attention |
|---|---|---|---|
--- | --- | --- | --- |
Congélation d'ovocytes | Stimulation, prélèvement, vitrification des ovules non fécondés | Environ deux semaines | Méthode établie ; nécessite une stimulation hormonale |
Congélation d'embryons | Ovules fécondés avec le sperme du partenaire puis congelés | Environ deux semaines | Établie ; suppose un partenaire et son accord |
Congélation de tissu ovarien | Prélèvement chirurgical d'un morceau d'ovaire, congelé puis regreffé | Prélèvement possible rapidement | Utile si pas de temps, pas d'hormones ou avant la puberté ; réservée à certains centres |
Agoniste de la GnRH | Médicament qui met les ovaires au repos pendant la chimiothérapie | Avant la chimiothérapie | Ne remplace jamais la congélation ; surtout étudié dans le cancer du sein |
Transposition ovarienne | Chirurgie qui éloigne les ovaires du champ de radiothérapie | Avant la radiothérapie | Pour la radiothérapie pelvienne sans chimiothérapie |
Chirurgie conservatrice | Ablation limitée de la tumeur en gardant l'utérus et au moins un ovaire quand c'est possible | Au moment de l'opération | Décidée par le chirurgien et l'oncologue |
Congélation d'ovocytes ou d'embryons avec une stimulation à départ aléatoire
Pour récupérer des ovules, on stimule les ovaires avec des médicaments. Autrefois, on attendait le début des règles. Ce délai peut durer jusqu'à deux semaines. Aujourd'hui, on peut souvent démarrer à n'importe quel moment du cycle. C'est la stimulation à départ aléatoire. L'ESHRE (2020) la retient comme option dans les cycles urgents, avec une recommandation faible.
La directive 2025 de l'ESHRE sur la stimulation ajoute que la stimulation destinée à préserver la fertilité peut commencer quelle que soit la phase du cycle (recommandation forte). Elle recommande le protocole avec antagoniste de la GnRH. Une méta-analyse de 2023 (11 études, 688 cycles à départ aléatoire et 1 076 cycles classiques chez des patientes atteintes de cancer) a trouvé un nombre d'ovocytes et d'embryons comparable. La stimulation était un peu plus longue et demandait plus de médicaments avec le départ aléatoire.
Un prélèvement a lieu environ au bout de dix à quatorze jours de stimulation selon les protocoles, sous sédation, en ambulatoire. Les ovocytes sont vitrifiés. Les embryons sont congelés si un partenaire est concerné. Une donnée honnête : les chances après un cycle réalisé au moment du diagnostic peuvent être plus faibles qu'après un cycle fait hors cancer, d'après l'ESHRE.
Quand la stimulation hormonale pose problème : cancers sensibles aux hormones
Certains cancers, comme certains cancers du sein, sont sensibles aux œstrogènes. La stimulation fait monter l'œstradiol. Pour limiter cet effet, l'ESHRE indique que l'on peut associer un médicament anti-œstrogène comme le létrozole ou le tamoxifène au protocole (accord professionnel, 2025). Le déclenchement de l'ovulation se fait avec un agoniste de la GnRH. L'oncologue doit donner son accord avant tout protocole de ce type.
Congélation de tissu ovarien
Ici, un fragment d'ovaire est prélevé par laparoscopie, congelé, puis regreffé après la guérison. Selon l'ESHRE, la technique peut être proposée en cas de traitement à risque modéré ou élevé quand la congélation d'ovocytes ou d'embryons n'est pas possible, ou si la patiente le préfère (accord professionnel). Le NCI la cite pour les filles avant la puberté, pour les personnes qui ne peuvent pas retarder le traitement ou qui ne peuvent pas prendre d'hormones.
Cette technique reste réservée à des centres expérimentés. L'ESHRE précise que la vitrification du tissu ovarien ne doit être offerte que dans un programme de recherche. L'ASCO la range parmi les méthodes établies. La méta-analyse de 2023 rapporte 21 % de naissances vivantes après FIV et 33 % de naissances spontanées après greffe, d'après les données disponibles. Chez les femmes porteuses d'une mutation BRCA, la greffe peut être discutée, mais le tissu doit être retiré après la grossesse (ESHRE, accord professionnel).
Les agonistes de la GnRH
Ces médicaments mettent les ovaires au repos pendant la chimiothérapie. Ils sont surtout étudiés chez les femmes atteintes d'un cancer du sein. L'ESHRE les cite comme une option de protection dans cette situation, avec un niveau de preuve faible. Elle précise qu'ils ne doivent pas remplacer la congélation (recommandation forte). Pour les autres cancers, ils ne sont pas proposés en routine sans expliquer l'incertitude.
La transposition ovarienne
Avant une radiothérapie du bassin, un chirurgien peut remonter les ovaires, hors du champ des rayons. Une méta-analyse de 2022 sur 1 160 femmes atteintes d'un cancer du col a trouvé une fonction ovarienne conservée chez 91 % des femmes opérées seules, chez 93 % après chirurgie avec ou sans curiethérapie, et chez 61 % après radiothérapie externe. Les kystes sont fréquents après radiothérapie externe. Les métastases dans les ovaires déplacés sont très rares.
La maturation in vitro et la préservation après le traitement
L'ASCO indique que la maturation in vitro des ovocytes est une méthode émergente. Elle peut être discutée dans certains centres. Elle indique aussi qu'une préservation après le traitement peut être proposée aux personnes qui n'ont pas pu conserver avant. Ces approches sont plus récentes et les données sont plus limitées.
Quelles sont les options pour les hommes ?
Pour l'homme après la puberté, la méthode la plus courante est la conservation du sperme. Le NCI la décrit comme l'option la plus utilisée. Le sperme est recueilli, en général par masturbation, à domicile ou dans une pièce privée de l'hôpital. Il peut être congelé pour une durée indéfinie selon le NCI. Il est utilisé plus tard avec une insémination ou une FIV, selon sa qualité.
Option | Principe | Quand | Remarque |
|---|---|---|---|
--- | --- | --- | --- |
Conservation du sperme | Recueil et congélation de plusieurs échantillons | Avant tout traitement | Méthode la plus courante ; quelques jours suffisent souvent |
Électro-éjaculation ou prélèvement testiculaire (TESE, micro-TESE) | Prélèvement chirurgical de spermatozoïdes | Si pas de recueil possible, ou pendant l'opération | Plus invasif ; décidé avec l'urologue |
Prélèvement lors de l'orchidectomie (onco-TESE) | Recherche de spermatozoïdes dans le testicule enlevé | Pendant la chirurgie | Cité par les recommandations européennes d'urologie |
Protection par plomb | Écran sur les testicules pendant la radiothérapie | Pendant la radiothérapie | Réduit la dose reçue |
Congélation de tissu testiculaire | Prélèvement et congélation de tissu | Avant la puberté | Seulement dans des essais cliniques |
Pourquoi congeler avant même de savoir
La qualité du sperme peut déjà être réduite par la maladie. Beaucoup d'hommes aussi ne retrouvent pas leur fertilité après certains traitements. Les spermatozoïdes sont plus sûrs s'ils sont recueillis avant le premier traitement. L'ASCO avertit que les spermatozoïdes recueillis peu après le début ou la fin du traitement peuvent comporter un risque plus élevé de lésions génétiques. Il faut donc congeler avant la première séance quand c'est possible.
Si un homme ne peut pas fournir d'échantillon, l'ASCO recommande d'envisager l'extraction testiculaire. Le NCI précise que la micro-TESE enlève moins de tissu. Ces gestes sont décidés avec l'urologue et l'oncologue.
La contraception pendant et après le traitement
Le NCI recommande de demander à l'équipe quelle contraception utiliser pendant le traitement et pendant combien de temps après. Une grossesse pendant certains traitements peut être dangereuse pour l'enfant. Le sperme congelé avant le traitement peut servir à concevoir plus tard dans de meilleures conditions.
Et pour les enfants et les adolescents ?
Les enfants posent des questions particulières. Les parents décident avec l'enfant, selon son âge, et avec l'équipe de pédiatrie.
**Adolescents ayant commencé leur puberté** : l'ASCO indique que les méthodes établies sont proposées avec l'accord de l'adolescent (assentiment) et le consentement des parents.
**Filles avant la puberté** : la seule méthode établie est la congélation de tissu ovarien (ASCO).
**Garçons avant la puberté** : la congélation de tissu testiculaire est expérimentale et ne doit être proposée que dans un essai clinique (ASCO et NCI).
Une étude d'un hôpital pour enfants des États-Unis (2026) a suivi un programme de congélation de tissu testiculaire. Sur 61 familles éligibles, 23 (34 %) ont accepté, dont 19 avaient un cancer. Il n'y a pas eu de retard inattendu dans le début du traitement. Plusieurs familles ont refusé parce que la fertilité n'était pas leur priorité à ce moment. Ce programme de recherche montre que cette décision peut se prendre sans nuire au traitement, mais il s'agit d'un seul centre.
Cancer du sein, cancer du testicule et autres cancers : des situations différentes
Cancer du sein
Chez les jeunes femmes atteintes d'un cancer du sein, plusieurs choix existent : congélation d'ovocytes ou d'embryons avec létrozole, agoniste de la GnRH comme appoint, ou tissu ovarien. L'ASCO précise que l'agoniste peut être proposé en complément pour le cancer du sein mais pas à la place des méthodes établies.
Beaucoup se demandent s'il est possible d'avoir un enfant après un cancer du sein hormonosensible. L'essai POSITIVE a étudié 518 femmes de 42 ans ou moins. Elles ont interrompu temporairement leur traitement hormonal (après 18 à 30 mois, pour au plus 2 ans) afin d'essayer d'être enceintes. À 5 ans, les événements de cancer du sein étaient de 12,3 % dans POSITIVE contre 13,2 % dans les essais SOFT et TEXT utilisés comme comparaison. Parmi les femmes suivies, 76 % ont eu au moins une grossesse et 69 % au moins une naissance vivante. Les auteurs concluent que l'interruption temporaire n'augmente pas le risque à ce stade. Ils précisent qu'un suivi plus long est nécessaire, car la rechute peut survenir tard. Cette décision ne se prend qu'avec l'oncologue.
Cancer du testicule
Pour le cancer du testicule, la conservation du sperme avant l'orchidectomie est une démarche classique. Le règlement turc cite d'ailleurs l'ablation des testicules parmi les cas où la conservation est permise. Les recommandations d'urologie citées dans les pages sœurs proposent aussi, si besoin, de rechercher des spermatozoïdes dans le testicule enlevé.
Cancer du col de l'utérus et radiothérapie du bassin
Pour une femme qui doit recevoir une radiothérapie du bassin sans chimiothérapie, l'ESHRE indique que la transposition ovarienne peut être proposée (accord professionnel). Les chiffres cités plus haut montrent un bénéfice, mais pas une garantie.
Ovocytes ou embryons : avec ou sans partenaire ?
L'ESHRE recommande de proposer aux femmes qui ont un partenaire de congeler des ovocytes non fécondés, ou de répartir les ovocytes entre ovocytes et embryons (recommandation forte). Les ovocytes gardent la décision entre vos mains, sans dépendre d'une relation qui peut changer. Dans la méta-analyse de 2023, les naissances vivantes ont été de 41 % après embryons congelés et de 32 % après ovocytes vitrifiés, mais les études diffèrent entre elles.
En Turquie, la question est plus délicate. Selon l'article 20, les embryons en surplus exigent le consentement des deux époux. Ils sont détruits en cas de divorce, de décès d'un époux ou de demande commune. Parlez-en avec votre partenaire avant de congeler. Demandez au centre une explication écrite. Personne ne peut prédire l'avenir, mais connaître les règles évite des surprises douloureuses.
Comment en parler à ses proches et à ses enfants ?
Parler de fertilité en pleine maladie n'est pas simple. Choisissez une personne de confiance qui vous accompagne dans ces décisions. Si vous avez des enfants, expliquez-leur ce qui est adapté à leur âge et rassurez-les : le traitement passe en premier. Pour un adolescent, l'ASCO demande de recueillir son accord (assentiment), en plus du consentement des parents.
Si la décision concerne un jeune enfant, demandez qu'on vous explique clairement ce qui est établi et ce qui est expérimental. Il est légitime de demander un second avis si le calendrier le permet.
Soutien psychologique et aides à la décision
L'ESHRE recommande de proposer des aides à la décision aux patients qui envisagent la conservation, ainsi qu'un soutien psychologique. Elle note que les personnes déjà fragiles sur le plan psychique sont plus exposées à la détresse pendant ce choix et peuvent être orientées vers un spécialiste. Elle reconnaît que le bénéfice clinique de ce soutien est peu étudié, mais il fait partie d'une bonne prise en charge.
Au quotidien, des gestes simples aident : noter ses questions avant chaque rendez-vous, venir accompagné, garder une trace des réponses. Les associations de patients sérieuses peuvent aussi apporter du réconfort. Si la décision vous dépasse, demandez un court délai, quand le calendrier le permet.
Que se passe-t-il jour après jour pendant la préservation ?
Chez la femme
Après l'accord de l'oncologue et du centre, la stimulation commence, avec des injections presque tous les jours. Les visites de contrôle se succèdent : échographie et prise de sang pour l'œstradiol. Le médecin ajuste la dose selon votre réponse. Dans les cancers du sein sensibles aux hormones, on ajoute du létrozole ou du tamoxifène pour limiter la hausse des œstrogènes, avec l'accord de l'oncologue.
Quand les follicules sont mûrs, une injection déclenche la maturation des ovules. L'ESHRE préfère un agoniste de la GnRH pour ce déclenchement en préservation (accord professionnel). Le prélèvement a lieu sous sédation, en une journée. Des ballonnements ou des crampes légères peuvent durer quelques jours. Si la douleur augmente, ou en cas de fièvre ou d'essoufflement, appelez tout de suite le centre et l'oncologue.
Chez l'homme
Le sperme est recueilli en plusieurs séances si le temps le permet, car un seul échantillon peut ne pas suffire. Le centre explique le délai d'abstinence et la façon de procéder. L'échantillon est analysé puis congelé en petites paillettes. Si le recueil est impossible, on discute avec l'urologue d'un prélèvement chirurgical, plus simple s'il est coordonné avec l'opération du cancer.
Rester en lien avec l'équipe de cancérologie
L'équipe de cancérologie doit connaître tous les médicaments donnés pendant la préservation et la date du prélèvement. Elle fixe la date de début du traitement, en général après une courte récupération. Le compte rendu de conservation doit lui être transmis pour figurer dans votre dossier.
Idées reçues à corriger
« La chimiothérapie rend toujours stérile. » Faux. Le risque dépend du produit, de la dose et de l'âge. Certaines personnes retrouvent une fertilité normale (NCI).
« Si mes règles reviennent, ma fertilité est intacte. » Pas forcément. Les règles peuvent revenir alors que la réserve reste basse.
« Congeler garantit un bébé. » Faux. Aucune technique ne garantit une naissance.
« La stimulation convient à tous les cancers. » Faux. Dans les cancers sensibles aux hormones, il faut un protocole spécial et l'accord de l'oncologue.
« Après le début du traitement, tout est perdu. » Pas tout à fait. L'ASCO indique qu'une préservation après le traitement peut être proposée, avec des chances parfois plus faibles.
« Les enfants n'ont pas besoin d'y penser. » Faux. Dans certains cas, une conservation est proposée, même si elle est parfois expérimentale.
Cancers du sang et greffe de cellules souches
Dans certains cancers du sang, le traitement peut demander de fortes doses de chimiothérapie ou de radiothérapie avant la greffe. Le NCI note que ce conditionnement peut abîmer les ovaires et les testicules. Le temps est alors souvent très court. La décision se prend vite entre l'hématologue et le centre. Conserver du sperme ou du tissu ovarien peut être plus rapide que stimuler les ovaires. Chaque cas est unique, et l'on ne voyage jamais sans l'accord écrit de l'équipe qui vous soigne.
Suivre sa fertilité sur le long terme après un cancer
L'ASCO demande que le risque pour la fertilité soit évalué et expliqué au diagnostic, mais aussi pendant les années de suivi. Après la guérison, vous restez suivie par l'oncologue et par un gynécologue ou un urologue. Un bilan hormonal peut renseigner sur la fonction des ovaires ou des testicules et sur le meilleur moment pour essayer. N'arrêtez pas la contraception pendant le traitement sans accord : certains médicaments sont dangereux pour l'enfant.
En cas d'insuffisance ovarienne après le traitement, un traitement hormonal peut être utile pour les os et le cœur. Il se discute avec un spécialiste, selon le cancer. Le sujet est abordé dans notre page sur la réserve ovarienne diminuée. Les hommes peuvent refaire un spermogramme après un délai fixé par l'équipe, pour voir si la fertilité est revenue.
Préservation de la fertilité avant un cancer en Turquie : que faut-il vérifier ?
Avant de choisir un centre pour la préservation de la fertilité avant un cancer en Turquie, vérifiez ces points. Le centre contacte-t-il directement votre oncologue ? A-t-il une expérience documentée avec les patients atteints de cancer, et pas seulement avec l'infertilité classique ? Respecte-t-il votre calendrier, ou demande-t-il d'attendre un cycle entier sans raison ? Vous explique-t-il les règles turques de conservation, de renouvellement et de destruction ? Vous donne-t-il un devis écrit qui détaille le stockage ?
Si vous n'obtenez pas de réponses claires, ne prenez pas de risque. La préservation de la fertilité avant un cancer en Turquie, comme ailleurs, n'est bonne que si elle est sûre, rapide et coordonnée avec le traitement. Si la conservation est plus rapide près de chez vous, c'est souvent le meilleur choix.
Comment choisir entre les options ? Un guide pratique
Il n'existe pas d'option unique. Le tableau résume la logique habituelle. Il ne remplace pas l'avis de votre médecin.
Votre situation | Option souvent discutée | Pourquoi | Point d'attention |
|---|---|---|---|
--- | --- | --- | --- |
Femme adulte, au moins deux semaines devant soi | Congélation d'ovocytes ou d'embryons | Méthode établie, meilleures données | L'oncologue doit approuver la stimulation |
Femme adulte, cancer sensible aux hormones | Stimulation avec létrozole ou tamoxifène, ou tissu ovarien | Limite la hausse des œstrogènes | Protocole spécial, accord du médecin |
Femme sans temps pour stimuler | Tissu ovarien ; agoniste de la GnRH en appoint | Pas d'attente du cycle ni d'hormones | Centres limités ; l'agoniste ne remplace pas la congélation |
Femme avec radiothérapie du bassin sans chimiothérapie | Transposition ovarienne | Éloigne les ovaires des rayons | Ne protège pas l'utérus |
Homme adulte | Conservation du sperme avant la première séance | Simple, rapide, établie | Plusieurs échantillons si possible |
Homme sans échantillon possible | Prélèvement chirurgical dans le testicule | Contourne le problème du recueil | Décidé avec l'urologue et l'oncologue |
Fille avant la puberté | Tissu ovarien | Seule méthode établie | Centres spécialisés |
Garçon avant la puberté | Tissu testiculaire dans un essai clinique | Aucune méthode établie | Expérimental |
Le temps disponible, la puberté et la sensibilité aux hormones guident le choix avant tout autre critère. Plus la décision est précoce, plus les options sont larges.
Sécurité des enfants nés après une conservation
Beaucoup se demandent si les enfants naissent en bonne santé. L'ESHRE indique qu'il ne semble pas y avoir d'augmentation du risque d'anomalies congénitales chez les enfants nés après greffe de tissu ovarien (recommandation forte). Le suivi de ces naissances continue. Il n'empêche pas un suivi de grossesse chez un médecin qui connaît votre histoire de cancer.
L'ESHRE note aussi que la radiothérapie incluant l'utérus augmente les risques de la grossesse, et que la grossesse après un cancer du sein traité ne semble pas dangereuse en elle-même mais demande une surveillance. La grossesse se prépare donc avec un oncologue et un obstétricien.
Les situations génétiques : mutation BRCA
Les femmes porteuses d'une mutation BRCA peuvent se demander si la greffe de tissu ovarien est possible. L'ESHRE indique qu'elle peut être proposée si la congélation d'ovocytes ou d'embryons n'est pas faisable, mais que le tissu greffé doit être entièrement retiré après la grossesse suivante (accord professionnel). Une telle décision demande un conseil génétique et un avis de l'oncologue. Elle ne se prend pas dans un centre de fertilité seul.
Comment s'organiser sur le plan financier ?
Aucun prix officiel n'est affiché pour ces actes en Turquie, ce qui rend le budget difficile à prévoir. Demandez le total attendu en trois temps : le coût avant le traitement (examens, stimulation, prélèvement, congélation), le coût du stockage les années suivantes et le coût d'une utilisation ultérieure. Le NCI note que la couverture par les assurances et les aides varie selon les pays. Interrogez votre assureur et l'assistante sociale de votre hôpital. Ne vous endettez pas et ne retardez pas votre traitement pour une conservation.
Et si la conservation n'existe pas près de chez vous, ou si personne ne vous en a parlé ?
Tous les hôpitaux ne proposent pas la préservation de la fertilité d'office. L'ASCO demande aux équipes de cancérologie d'assurer un accès rapide à une équipe pluridisciplinaire, et aux médecins de défendre la prise en charge de ces services et d'aider les patients à faire valoir leurs droits. Si personne ne vous en parle, vous pouvez poser la question : « Mon traitement peut-il affecter ma capacité à avoir un enfant, et à qui puis-je en parler avant de commencer ? »
Dans beaucoup de pays, des banques de sperme et des centres de fertilité accueillent vite les patients atteints de cancer. Demandez à votre oncologue et à l'assistante sociale quel centre est le plus proche. Une conservation locale peut être plus rapide et moins fatigante qu'un voyage, surtout si le calendrier est serré. Le voyage en Turquie reste une option si la conservation adaptée n'existe pas près de chez vous, si le calendrier le permet, si votre état est stable et si votre équipe est d'accord.
Gérer la conservation sur le long terme
Après la congélation commence une phase administrative importante. Le matériel conservé exige un contrat de stockage clair. Vous devez en connaître la durée, le prix et les règles de renouvellement. En Turquie, une demande signée est nécessaire chaque année après la première année. Le matériel est détruit si elle n'est pas renouvelée ou en cas de décès. La durée maximale est de cinq ans, sauf autorisation du ministère. Notez les dates de renouvellement et dites à une personne de confiance où sont les papiers.
Gardez une copie du compte rendu de congélation : nombre d'ovocytes, d'embryons ou d'échantillons, date, numéro d'identification et nom du centre. Si vous changez de pays ou de médecin, vous en aurez besoin. Demandez à l'avance les conditions de transfert vers un autre centre : d'après les pages sœurs, le transfert se fait entre centres turcs, et le texte lu ne traite pas de l'envoi à l'étranger.
Comment préparer votre rendez-vous au centre de fertilité ?
Une bonne préparation vous aide à obtenir la meilleure réponse en peu de temps.
Écrivez vos questions par ordre de priorité, en commençant par le délai et la sécurité.
Apportez le calendrier du traitement et le compte rendu de l'oncologue.
Apportez vos résultats d'examens et d'imagerie.
Venez avec une personne qui note les informations.
Demandez l'option la plus rapide et l'option la plus sûre : elles peuvent différer.
Demandez un résumé écrit du plan et du coût.
Demandez comment le centre communique avec l'oncologue et en combien de temps.
Enfin, ne décidez pas sous la pression. Si quelque chose n'est pas clair, demandez qu'on vous réexplique. Vous avez le droit à une explication simple et honnête sur les chances et les limites de chaque option.
Quelles procédures traitent ce besoin en Turquie ?
Nafes Premium coordonne quatre démarches liées à ce sujet. Elles ont leurs propres pages. Aucune ne doit retarder le traitement du cancer.
Préservation de la fertilité
C'est la page d'ensemble de la démarche : évaluation, choix de la technique, conservation, plan de suivi. Elle explique le rôle du centre de fertilité et la coordination avec l'oncologue. Le centre vérifie que le calendrier de cancérologie est respecté.
Congélation d'ovocytes
Elle convient à la femme qui peut attendre environ deux semaines et prendre une stimulation. Elle est possible sans partenaire. Elle suppose une évaluation de l'oncologue sur la sécurité de la stimulation.
Micro-TESE
La micro-TESE est une opération qui cherche des spermatozoïdes dans le testicule avec un microscope. Elle sert pour les hommes qui ne peuvent pas fournir de sperme dans le liquide, ou quand les spermatozoïdes sont absents ou rares. Dans le cancer, le geste doit être discuté avec l'urologue et l'oncologue.
Fécondation in vitro (FIV)
La FIV intervient pour créer des embryons avant le traitement (couple marié) ou, plus tard, pour utiliser des ovocytes ou du sperme congelés. Elle suit les règles turques décrites plus loin.
Quand voyager a-t-il du sens, et quand faut-il rester près de chez soi ?
C'est la question la plus délicate. Un voyage ne se justifie que si votre cancer et votre calendrier le permettent. Voici les cas où une équipe responsable conseillera de ne pas partir.
Le traitement doit commencer dans les jours qui viennent.
Votre état n'est pas stable, ou vous avez de la fièvre, un saignement, une douleur importante ou une baisse des globules blancs.
Votre oncologue n'a pas donné son accord par écrit.
Une conservation est possible dans un centre près de chez vous, plus rapidement.
Un voyage peut avoir du sens dans d'autres cas :
Le traitement est planifié dans plusieurs semaines et le délai est approuvé.
Vous cherchez une technique qui n'existe pas près de chez vous.
Vous avez besoin d'un avis spécialisé et vous pouvez voyager en sécurité.
Le dossier est complet et l'oncologue a donné son accord.
Dans tous les cas, l'équipe turque échange à distance avec votre oncologue. Le suivi du cancer et la plupart des contrôles se font dans votre pays. Le traitement reste prioritaire.
Que dit la loi turque sur la conservation des cellules reproductrices ?
Le règlement du ministère de la Santé (Journal officiel, 30 septembre 2014, n° 29135) fixe les règles. Elles ont été lues dans le texte du Journal officiel. Voici l'essentiel de l'article 20.
La conservation de cellules reproductrices et de tissu des glandes sexuelles est interdite, sauf dans les cas médicaux listés.
**Pour les hommes** : sperme obtenu par chirurgie, avant une chimiothérapie ou une radiothérapie, avant une opération qui fait perdre la fonction de reproduction (par exemple l'ablation des testicules), ou sperme très rare.
**Pour les femmes** : avant une chimiothérapie ou une radiothérapie, avant une opération qui fait perdre la fonction (par exemple l'ablation des ovaires), ou réserve basse chez une femme n'ayant pas accouché.
Un échantillon de sang est gardé et des tests d'identification ADN sont faits. Ils ne sont pas exigés pour le sperme ou le tissu testiculaire utilisé dans les 90 jours.
Au-delà d'un an, une demande signée est nécessaire chaque année.
La durée maximale est de cinq ans. Au-delà, il faut l'autorisation du ministère.
Le matériel est détruit si la demande n'est pas renouvelée, en cas de demande de destruction ou de décès.
Pour les embryons, les deux époux doivent consentir. Ils sont détruits en cas de demande commune, de décès d'un époux, de divorce ou à la fin de la durée.
L'article 19 exige que les candidats à la procréation assistée soient mariés. Les pages publiques d'Acıbadem International et de Liv Hospital indiquent que les couples mariés sont traités avec leurs propres gamètes et que le don d'ovules, de sperme, d'embryons et la gestation pour autrui sont interdits. Le texte lu ne dit pas clairement si une personne non mariée peut conserver ses cellules avant un cancer. Demandez au centre une réponse écrite avant de voyager. Demandez aussi si le matériel conservé peut être transféré vers un centre de votre pays, car le texte n'en parle pas et les pages sœurs indiquent que le transfert d'embryons et de tissus se fait entre centres turcs.
Où en est l'organisation en Turquie ?
Une revue turque publiée en 2019 propose de bâtir une stratégie nationale de préservation de la fertilité. Elle appelle à créer un réseau pluridisciplinaire en ligne, ouvert aux médecins et aux patients. Cela montre que l'organisation était alors en construction. Ce texte date de 2019 et la situation a pu changer. Vérifiez donc l'expérience réelle du centre pour les cas de cancer.
Pourquoi envisager la Turquie pour préserver sa fertilité ?
Soyons honnêtes : pour la préservation de la fertilité avant un cancer en Turquie, nous n'avons pas trouvé de page officielle d'un hôpital partenaire qui décrive un programme de ce type. C'est pourquoi aucun hôpital n'est cité ici. Les pages lues sur la FIV (Acıbadem International, Liv Hospital) ne parlent pas de congélation d'ovocytes pour raison médicale.
Ce que l'on peut dire est ceci. Le règlement turc prévoit explicitement la conservation avant chimiothérapie et radiothérapie. Les centres de FIV turcs sont encadrés par le ministère de la Santé. Si vous cherchez une équipe, posez des questions précises. Combien de patients atteints de cancer a-t-elle traités ? Travaille-t-elle avec un service d'oncologie ? Quels délais peut-elle tenir ? Une équipe honnête répond avec des chiffres, ou dit qu'elle ne le fait pas.
Comment se déroule un parcours de préservation ?
Le tableau montre un parcours type. Le temps y est le facteur le plus important.
Étape | Ce qui se passe | Durée indicative |
|---|---|---|
--- | --- | --- |
1. Accord de l'oncologue | Calendrier du traitement, délai possible, aptitude au voyage | Dès le diagnostic |
2. Dossier et avis à distance | Envoi du dossier, choix de la technique | Quelques jours |
3. Voyage si autorisé | Arrivée, examens, consentements | Selon l'urgence |
4. Stimulation ou recueil | Stimulation à départ aléatoire, ou recueil de sperme | Environ deux semaines pour une femme ; quelques jours pour un homme |
5. Prélèvement et congélation | Sédation en ambulatoire pour les ovules ; congélation | Un à deux jours |
6. Retour | Début ou reprise du traitement du cancer dans votre pays | Selon le plan |
7. Suivi | Contrats de stockage, suivi, projet de grossesse plus tard | Pendant des années |
La demande de visa dépend de la nationalité : consultez evisa.gov.tr ou le consulat de Turquie. Un interprète arabe, français ou anglais est prévu. Prévoyez un accompagnant.
Avant de partir
Emportez les rapports de votre oncologue, une liste de vos médicaments et un contact d'urgence dans votre pays. Gardez le lien avec votre équipe de cancérologie pendant le séjour. Si un symptôme inquiétant apparaît (fièvre, saignement, douleur forte), appelez votre oncologue et allez aux urgences les plus proches.
Après le traitement : grossesse, résultats et vie future
La conservation est un début. L'usage du matériel conservé vient souvent des années après. Les chances dépendent de l'âge au moment de la congélation, du nombre d'ovocytes ou d'embryons, de l'état des organes après le traitement et du sperme.
La méta-analyse de 2023 (34 études, femmes ayant eu un cancer) rapporte les naissances vivantes suivantes : 41 % (IC 34-48) avec les embryons congelés, 32 % (IC 26-39) avec les ovocytes vitrifiés, 21 % (IC 15-26) en FIV après greffe de tissu ovarien et 33 % (IC 25-42) pour les grossesses spontanées après greffe. Ces chiffres ne s'appliquent pas à tout le monde. Ils viennent d'études qui n'avaient pas toutes les mêmes méthodes.
Quand essayer d'avoir un enfant ?
L'ESHRE suggère d'attendre au moins 1 an après la fin de la chimiothérapie pour réduire le risque de complications de grossesse (recommandation forte). L'oncologue donne le calendrier exact selon le cancer, les traitements en cours et le risque de rechute. Dans le cancer du sein hormonosensible, l'essai POSITIVE a étudié une pause du traitement hormonal avec un accompagnement strict. N'arrêtez jamais un traitement de votre propre initiative.
Si le matériel conservé n'est pas utilisé
Beaucoup de personnes n'utilisent jamais leurs cellules congelées, car la fertilité peut revenir après le traitement. Ce n'est pas un échec de la conservation : c'est une assurance. Gardez le contact avec le centre de stockage et respectez les renouvellements annuels demandés en Turquie.
Risques et limites
Toute technique a des limites. Parlez-en avec votre équipe.
**Aucune garantie** : congeler ne garantit pas une naissance. Les chances varient selon l'âge et la méthode.
**Risques de la stimulation** : ballonnements, douleurs, rarement un syndrome d'hyperstimulation ovarienne (moins de 0,2 % selon l'ESHRE 2025). Ce risque est suivi de près.
**Hormones et cancer sensible aux hormones** : l'oncologue doit approuver le protocole, avec un anti-œstrogène si besoin.
**Risques du prélèvement** : saignement, infection, effets de l'anesthésie ; ils sont rares, mais d'autant plus importants que la santé est fragile.
**Risque de retard** : tout délai doit être approuvé par l'oncologue.
**Chirurgie du tissu ovarien** : réservée aux centres expérimentés ; risque que la greffe ne fonctionne pas.
**Aspects légaux** : durées de conservation limitées, renouvellement annuel, destruction possible.
**Charge émotionnelle** : l'ESHRE recommande de proposer un soutien psychologique.
Combien coûte la préservation de la fertilité ?
Cette page ne donne pas de prix, car nous n'avons pas trouvé de tarif officiel daté pour la Turquie. Le NCI note que le coût, les chances de réussite et l'accès varient beaucoup. Le prix réel est un devis personnel, établi après étude de votre dossier. Voici ce qui fait varier le coût :
La technique choisie : sperme, ovocytes, embryons, tissu.
Les médicaments de stimulation et leur durée.
L'anesthésie ou la sédation et la chirurgie éventuelle.
La congélation et le stockage, avec les renouvellements annuels.
Les examens de sécurité (tests, sang, ADN) exigés par le règlement.
Le voyage, l'hôtel, l'interprète et la présence d'un accompagnant.
L'utilisation ultérieure : FIV, ICSI, transfert, qui est un autre coût.
Demandez un devis écrit qui précise la durée de stockage incluse et le coût des années suivantes. Certaines assurances ou associations peuvent aider dans votre pays : renseignez-vous avant de partir.
Quelles questions poser à votre oncologue et à l'équipe de fertilité ?
Mon traitement risque-t-il d'affecter ma fertilité, et à quel point ?
Combien de temps puis-je attendre avant de commencer ?
Ai-je l'autorisation de voyager ?
Quelle technique me convient, et pourquoi ?
Le protocole est-il sûr avec mon type de cancer ?
Quelles chances raisonnables puis-je espérer ?
Combien de patients atteints de cancer avez-vous traités ?
Que prévoit la loi turque pour ma situation ?
Où mon matériel sera-t-il conservé, et pour combien de temps ?
Que se passe-t-il si je ne renouvelle pas la conservation ?
Quand pourrai-je essayer d'avoir un enfant ?
Quel soutien psychologique est disponible ?
Traitements et interventions pour cette pathologie
- Préservation de la fertilitéLa préservation de la fertilité est un ensemble de méthodes qui gardent une chance de grossesse avant un traitement ou une chirurgie qui menace les ovaires ou les testicules : congélation d'ovocytes, d'embryons, de sperme ou de tissu, protection médicamenteuse. En Turquie, le règlement de 2014 limite la conservation à des cas médicaux listés, pour cinq ans au maximum.
- Congélation d'ovocytesLa congélation d'ovocytes est une technique qui prélève des ovules après stimulation hormonale, puis les conserve à -196 °C par vitrification, pour une grossesse future. En Turquie, le règlement de 2014 l'autorise seulement pour des motifs médicaux listés. Les chances dépendent surtout de l'âge au moment de la congélation et du nombre d'ovocytes conservés.
- Micro-TESELa micro-TESE est une intervention qui consiste à explorer le testicule au microscope pour y trouver quelques spermatozoïdes quand il n'y en a pas dans le sperme. Elle sert aux hommes atteints d'azoospermie non obstructive. Les spermatozoïdes trouvés sont congelés ou utilisés tout de suite pour une ICSI. Les chances varient beaucoup selon la cause.
- Fécondation in vitro (FIV)La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation assistée : les ovocytes sont ponctionnés, fécondés au laboratoire, puis un embryon est placé dans l'utérus. En Turquie, elle est réservée aux couples mariés, sans don de gamètes ni mère porteuse. Un cycle dure environ 3 à 6 semaines selon le NHS. Les chances baissent nettement avec l'âge de la femme. Aucun centre ne peut garantir une grossesse.
Questions fréquentes
Faut-il retarder le traitement du cancer pour préserver sa fertilité ?
Non, pas sans l'accord de l'oncologue. Le traitement du cancer passe avant tout. L'équipe indique si un court délai est possible. Dans certains cas, aucun délai n'est acceptable. Il faut alors choisir une méthode rapide ou renoncer à la conservation avant le traitement. Parlez-en dès le diagnostic.
Quelle est la méthode la plus courante pour les hommes ?
La conservation du sperme est la méthode la plus courante après la puberté, selon le NCI. Le sperme est recueilli avant le traitement et congelé. Il peut ensuite servir pour une insémination ou une FIV. Si le recueil est impossible, l'équipe peut discuter d'une extraction de spermatozoïdes dans le testicule.
Peut-on congeler ses ovocytes rapidement avant une chimiothérapie ?
Souvent oui. La stimulation à départ aléatoire permet de commencer à n'importe quel moment du cycle, sans attendre les règles, ce qui évite un délai pouvant aller jusqu'à deux semaines. Il faut tout de même une dizaine de jours de stimulation selon les protocoles. L'oncologue doit approuver le plan.
La stimulation hormonale est-elle dangereuse en cas de cancer du sein ?
Elle fait monter l'œstradiol, ce qui préoccupe quand le cancer est sensible aux hormones. L'ESHRE indique que l'on peut associer un anti-œstrogène comme le létrozole au protocole. L'oncologue doit donner son accord et le centre doit connaître votre cancer. Ne décidez jamais seule.
Et si je n'ai pas le temps de stimuler les ovaires ?
La congélation de tissu ovarien peut être une option, selon l'ESHRE, quand la congélation d'ovocytes ou d'embryons n'est pas possible ou par choix. Elle reste réservée à des centres expérimentés. Un agoniste de la GnRH peut être proposé en complément dans le cancer du sein, mais il ne remplace pas la congélation.
Peut-on avoir un enfant après un cancer du sein ?
C'est possible pour beaucoup de femmes, avec l'accord de l'oncologue. Dans l'essai POSITIVE (518 femmes), 76 % ont eu au moins une grossesse et 69 % une naissance vivante, sans excès de rechutes à 5 ans. Un suivi plus long est nécessaire. N'arrêtez jamais un traitement sans avis.
Combien de temps attendre après la chimiothérapie avant d'essayer ?
L'ESHRE suggère au moins 1 an après la fin de la chimiothérapie pour réduire le risque de complications de grossesse. Le délai exact dépend du cancer, des traitements en cours et du risque de rechute. C'est votre oncologue qui le fixe.
Que peut-on faire pour un enfant ou un adolescent ?
Après le début de la puberté, les méthodes établies sont proposées avec l'accord de l'adolescent et le consentement des parents. Avant la puberté, la seule méthode établie pour les filles est la congélation de tissu ovarien. Pour les garçons, la congélation de tissu testiculaire reste expérimentale et se fait dans un essai clinique.
Quelle est la durée de conservation en Turquie ?
Le règlement turc de 2014 prévoit une durée maximale de cinq ans. Au-delà d'un an, une demande signée est nécessaire chaque année. Plus de cinq ans demande l'autorisation du ministère. Le matériel est détruit si la demande n'est pas renouvelée. Demandez au centre le texte en vigueur.
Le don d'ovocytes ou de sperme est-il possible en Turquie ?
Non. Les pages d'Acıbadem International et de Liv Hospital indiquent que le don d'ovules, de sperme, d'embryons et la gestation pour autrui ne sont pas autorisés. Seuls les couples mariés avec leurs propres gamètes sont traités pour la FIV. Pour la conservation avant un cancer, demandez une réponse écrite au centre.
Combien coûte la préservation de la fertilité ?
Cette page ne donne pas de prix, car aucun tarif officiel daté n'a été trouvé pour la Turquie. Le coût dépend de la technique, des médicaments, de la chirurgie éventuelle, du stockage et du voyage. Le prix réel est un devis personnel après étude du dossier. Demandez ce que comprend le stockage.
Dois-je voyager si mon cancer est urgent ?
Non. Si le traitement doit commencer dans les jours qui viennent, ou si votre état est instable, le traitement près de chez vous passe en premier. Ne voyagez qu'avec l'accord écrit de votre oncologue et si le calendrier le permet. Une conservation locale est souvent plus rapide.
Références et sources
- Fertility Preservation in People With Cancer: ASCO Guideline Update — Journal of Clinical Oncology (ASCO)
- ESHRE guideline: female fertility preservation — Human Reproduction Open (ESHRE)
- ESHRE guideline: ovarian stimulation for IVF/ICSI, an update in 2025 — Human Reproduction (ESHRE)
- Fertility preservation and post-treatment pregnancies in post-pubertal cancer patients: ESMO Clinical Practice Guidelines — Annals of Oncology (ESMO)
- Live birth after embryo, oocyte and ovarian tissue cryopreservation in cancer survivors: meta-analysis — Human Reproduction
- Fertility issues in women with cancer — National Cancer Institute (NCI)
- Fertility issues in men with cancer — National Cancer Institute (NCI)
- Updated results of the POSITIVE trial — Annals of Oncology
- Ovarian transposition in cervical cancer: systematic review and meta-analysis — BMC Women's Health
- Testicular tissue cryopreservation during childhood cancer: single-centre experience — Journal of Pediatric Urology
- Assisted reproductive treatment regulation, Resmi Gazete no. 29135 (30 September 2014) — Ministère de la Santé de Turquie
- Fertility preservation in Turkey: review — Journal of the Turkish-German Gynecological Association
- IVF treatment in Turkey — Acıbadem International
- IVF in Turkey — Liv Hospital













